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René KALISKY

Fiche fondée sur un dossier rédigé par Marcel NIX
Dossier L : n° 31, fascicule 2

René KALISKY
Essayiste, poète, auteur dramatique.



Informations générales

Belgique BEL
Né(e) le 20/07/1936 / décédé(e) le 02/05/1981

Biographie

Né à Etterbeek (Bruxelles) le 20 juillet 1936, René Kalisky s'est éteint à Paris, à peine âgé de 45 ans, le samedi 2 mai 1981, des suites d'un cancer qui l'enleva en deux mois.

René Kalisky est le fils d'un prolétaire-juif, polonais, établi en Belgique. Sa situation civile problématique et son sentiment d'étouffement intellectuel dans une Belgique schizoïde laissent des traces manifestes sur son inspiration comico-douloureuse de la maturité. La disparition de son père mort dans le camp d'extermination d'Auschwitz (Pologne) a laissé un profond et inguérissable traumatisme dans la conscience de l'homme. Théâtre et essais circonscriront plus tard la question lancinante: «Qui suis-je?».

Il fit des études de radio-navigateur. En semi-autodidacte, il s'offrit une vaste culture en histoire, en dramaturgie, en musique.

Il exerça divers métiers dans les médias : secrétaire d'édition, journaliste indépendant, notamment au Patriote Illustré.

en 1979, une bourse de séjour à Berlin, pour le fils de la victime des nazis. Il épousera une non-juive et allemande de surcroît, une «goy», Mechthild, situation inspirante;

D'emblée, il s'est fait un nom avec deux essais à thèse politico-historique, puissamment écrits et pensés, fort brillants, édités en 1968 par J.B.Baronian à Marabout-Université (Verviers): L'origine et l'essor du monde arabe et Le monde arabe à l'heure actuelle.

Ce premier succès ne suffit pas à lui faire ouvrir les portes des théâtres de Belgique, qui refusèrent de «monter» ses 5 premières pièces, toujours inédites à ce jour (cf. dossier pédagogique, Promotion des lettres belges de langue française).

Se trouvant mal accueilli, évincé par le TNB (Théâtre National de Belgique), éconduit par le ministère de l'époque, il ne sent pas la Belgique prête à lui faire la place qu'il croit être la sienne. L'Officialité, Marcel Thiry en tête, fit le désert autour de son oeuvre, s'imposant d'emblée à l'attention comme neuve de ton et de fond, contestatrice. Déçu par la Belgique, il s'installe en Corse en 1971, à Paris en 1973.

Jacques Lemarchand, directeur de la collection «Le manteau d'Arlequin» aux Éd.Gallimard, a été pour René Kalisky ce qu'Octave Mirbeau fut pour Maurice Maeterlinck : le révélateur. Il publia l'ensemble des pièces à sujet historique, de 1969 à 1974. Le jeune Belge émigré voulut saisir cette chance. Encouragé, il se mit au travail avec frénésie. Il est à l'acmé de sa vie : 33 ans.

Malgré des déceptions rencontrées sur sa route, la maturité produit, dans un marathon exténuant, une explosion créatrice d'une incontournable nécessité intérieure, comme s'il s'était agi de courir une course contre la montre de la fatalité

La publication de pièces à l'étranger, chez un des éditeurs les plus côtés, laisse les théâtres belges toujours aussi rétifs.

Rupture et consécration: Gallimard cesse d'éditer Kalisky. Pour les pièces suivantes, à sujet moins historique, plus actuel ou plus sophistiqué, Kalisky a dû se trouver d'autres éditeurs, plus occasionnels, revenir de France en Belgique.

La Belgique officielle, reconnaissante pour cette gloire nationale, accueille enfin, à son tour, le transfuge lauré à l'étranger et diffusé par France-Culture.

En Flandre, Kalisky sera traduit et joué. Des traductions sont faites en néerlandais, en allemand, en anglais, en italien (1990 - 5 pièces chez Gremese). Il parle, en effet, de l'Amérique, de l'Allemagne et de l'Italie.

Les médias s'occupent activement à faire connaître le théâtre de Kalisky. Théâtre de mises en ondes : France-Culture a diffusé ses pièces en 70, 73, 75, 76, 77, 78, 79. Rediffusions diverses.

À partir de 1974, les scènes internationales offrent du Kalisky, et depuis le mouvement ne s'est jamais interrompu. Parmi les metteurs en scène ou réalisateurs, on peut citer Antoine Vitez, Albert-André Lheureux, Ewa Lewinson, Bernard de Coster, Jean-Pierre Miquel, Marcel Delval. Ont joué du Kalisky : le Théâtre Daniel Sorano, le Théâtre du Jardin Botanique de Bruxelles, le Théâtre National de l'Odéon, le Théâtre de l'Est parisien, BKT Brussel, le Théâtre de la Place de Liège, le Festival d'Avignon...

Scénarios : Le tiercé de Jack, 1975, RTBF, Jean-Paul Berckmans, Charles le téméraire, commande de la RTBF non honorée à cause de l'ampleur de la dépense, une déception de plus; film Falsch, 1987, J.T. et L.Dardenne, d'après la pièce.

Sentiment d'échec : malgré les efforts méritoires de l'officialité et de l'intelligentsia, René Kalisly resta assez méconnu du grand public qui le boude. Quelque peu déçu par l'accueil mitigé de son théâtre en France ) et à fortiori en Belgique ), il s'est plaint de ne jamais avoir reçu une critique valable de la part de la presse parisienne. Ce cycle de 10 pièces tragi-comique ne l'a pas rendu populaire. Il est tenté de ne plus écrire pour le théâtre. Aussi revient-il à son sujet préféré : l'histoire du monde juif et arabe.

Il meurt à 45 ans, en pleine possession de ses moyens intellectuels, qui furent grands, le coeur miné d'amertume pour ses relatifs insuccès et pour la méconnaissance dont il se croit victime, mais la tête pleine de projets.

Les prix littéraires commencent à pleuvoir :

Bibliographie

  • L'origine et l'essor du monde arabe, 320 pages serrées, réédité en 1980 sous le titre : Le monde arabe, t.1. L'essor et le déclin d'un empire, 308 pages, (OEMA).
  • Le monde arabe à l'heure actuelle, 400 pages, réédité sous le même titre, tome 2 : Le réveil et la quête de l'unité, 371 pages (MAHA).
  • La pièce Europa, d'après un roman de Romain Gary fut publiée à Bruxelles en 1968 par Alternatives théâtrales n°29-30.
  • L'adaptation française de Vendredi, jour de liberté, pièce de l'auteur flamand Hugo Claus, fut publiée par Complexe en 1975, avec une préface de René Kalisky, confraternellement reconnu par Jean Sigrid.
  • Trotsky, Paris Gallimard, Le manteau d'Arlequin 1969.
  • Skandalon, Paris Gallimard, Le manteau d'Arlequin, 1970.
  • Jim le téméraire, Paris Gallimard, Le manteau d'Arlequin, 1973.
  • Le pique-nique de Claretta, Paris Gallimard, Le manteau d'Arlequin, 1973.
  • Sionisme et dispersion, essai, chez Marabout, 1974.

  • La passion selon Pier Paolo Pasolini , éditeur français Stock, collection Théâtre ouvert, 1977.
  • Dave au bord de mer, d'après le film Théorème de Pasolini, éditeur français Stock, collection Théâtre ouvert. 1978.
  • L'impossible royaume, récit , Paris, Seghers, 1979.
  • Livre des Rois, l'histoire du jeune David, éditeur français Stock, collection Théâtre ouvert.
  • Du surjeu au surtexte, postface, éditeur français Stock, collection Théâtre ouvert.
  • Sur les ruines de Carthage au Centre dramatique de Reims, 1980, rééditée par Éd. Labor, dans la collection Espace-Nord, en mars 1991.

À titre posthume paraissent

  • Aida, préface de Ch.Bertin et de J. De Decker, Éd. Cahiers du Rideau de Bruxelles, en 1982.
  • Falsch, Théâtre de Chaillot, Paris, en 1983.
  • -harles le téméraire, Éd. Jacques Antoine, Bruxelles, en 1984.

Prix obtenus

  • 1974, le Prix annuel de Littérature dramatique, décerné par le Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques à Bruxelles;
  • 1975, le Grand Prix Triennal de littérature dramatique, décerné par le Gouvernement;
  • 1982, Prix Spécial SACD, à titre posthume.
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