Intro 2Service du Livre LuxembourgeoisLa Province de Luxembourg

Serena GENTILHOMME

Fiche fondée sur un dossier rédigé par Gabrielle LAVALLEE
Dossier L : HORS SERIE

Serena GENTILHOMME
Romancière, nouvelliste, traductrice.

Serena GENTILHOMME

Informations générales

Belgique BEL

Biographie

Née à Florence le dernier jour du Carnaval dans le milieu de la haute bourgeoisie, Serena Gentilhomme a gardé de ses origines l'allure d'une grande dame excentrique. Un brin d'accent indéfi-nissable, alors qu'elle manie la langue de Molière avec une grande délicatesse, ajoute au charme singulier qui est le sien. Elle a d'ailleurs appris le français par passion : à l'âge de huit ans, en vacances à Courmayeur, elle fit la connaissance d'une petite fille ressemblant à Zazie, qui accompagnait ses parents dans la station. Les deux fillettes s'étant mises à jouer ensemble, la petite Serena fut éblouie par cette langue inconnue, et prêta à ses intonations une si grande attention qu'elle oublia de jouer ... La fillette la traita d'abrutie, et Serena tenta de comprendre ce que disait l'enfant. Toute à ces comparaisons linguistiques, elle resta sous le charme, malgré les insultes qui pleuvaient sur elle. Et c'est à cet instant qu'elle décida sans doute d'apprendre une langue qui l'enivrait.

Elle dut attendre quelques années avant que son rêve se réalise.

Entre temps, elle découvrit la Révolution française, se prit d'amour pour Jean-Paul Marat et Charlotte Corday... à tel point qu'elle interrogea un jour sa grand-mère, lui demandant pourquoi «on n'avait pas agi comme en France, coupant simplement la tête du roi d'Italie qui vivait exilé en Suisse!».

Ce fut un beau scandale, le jacobinisme n'étant pas vraiment la tasse de thé de la famille de Serena, dont l'aïeule, notamment, était restée une fidèle monarchiste, malgré les douze ans de la République italienne.

Un peu plus tard, Serena fit un rêve : elle vit un cimetière et des stèles sous la lune. Un homme jeune, très beau, s'approchait d'elle et lui tendait un livre. Elle dit se souvenir qu'elle était attirée par l'oeil de l'homme... Peu de temps après ce rêve, elle regarda une émission à la télévision consacrée à la Révolution française et là, St-Just était présenté ... c'était l'homme du rêve ... Serena tomba amoureuse... Aujourd'hui encore, on peut dire qu'elle est fidèle à l'Archange maudit de la Révolution ... Elle finit d'ailleurs par lui consacrer une thèse!

Mais avant St-Just, elle passa en Italie un doctorat qui étudiait par le menu détail l'oeuvre de Jean-Baptiste Louvet, un auteur du XVIIIème siècle.

Cette petite fille, qui ne jouait pas comme les enfants de son âge, était fascinée par l'idée des têtes coupées. Elle fut également très impressionnée par les affiches du «Nosferatu» de Murnau. Est-ce là qu'il faut chercher la genèse de la future écrivaine de fantastique? Tous les psychologues prétendent que l'enfance est formatrice et qu'elle influence le cours de l'existence.

Quand enfin elle dénicha un poste de lectrice dans une université française, c'était Besançon, elle y jeta l'ancre... et l'encre. Et, devant passer des équivalences de diplômes, elle se laissa rattraper par St-Just, passant une thèse sur son oeuvre écrite. Un choix qui a son importance pour la fille de grands bourgeois qu'elle est!

Mais à la littérature, elle préférait le cinéma. Durant plusieurs années, elle enseigna la langue et la littérature dans le cadre de la section d'italien. Peu à peu, elle introduisit des éléments de fantastique et de cinéma, dont Fellini, grand maître, selon elle, de ce genre décrié. Et à force de patience, elle a imposé la discipline qui l'intéressait : le cinéma italien, tendances fantastique et horreur, ce qu'elle enseigne aujourd'hui.

En vrac, il faut dire encore que Serena Gentilhomme a appris le russe par amour pour son mari, qu'elle adore l'enseignement et ses étudiants, elle aime éveiller l'intérêt et ne cesse de se remettre en question si elle constate la moindre baisse d'attention à ses cours de la part des étudiants.

Enfin, si cette grande dame de la patience a pris beaucoup de temps pour écrire de la fiction, elle dit avoir toujours écrit, mais par pour l'édition, ou alors pour des revues spécialisées dans le cadre de ses recherches universitaires.

C'est à la suite d'une maladie qui faillit bien la tuer, qu'elle se réveilla consciente qu'elle devait passer à la littérature. La mort proche lui avait néanmoins soufflé d'écrire hors des sentiers battus par ce que les esprits obtus nomment la «grande littérature» : elle sentait qu'elle devait lier le fantastique et la mort. Elle avait envie aussi de faire peur aux lecteurs - comme si la petite fille en elle se réveillait -

Elle pensa au roman historique, ne trouva pas le ton et renonça. Vint ensuite une idée insolite : un roman qui serait construit sur les degrés astrologiques, mais le pari était trop complexe, elle l'abandonna au profit des douze maisons du thème astral et créa en 1997 Villa Bini, suivi de nouvelles. Vint enfin Les nuits étrusques, paru en 1999.

Bibliographie

Romans :

  • Villa Bini, L'Harmattan, Paris, 1997; coll. Écritures.

  • Les nuits étrusques, Pantin, Ed. Naturellement, 1999; coll. Fiction.

Nouvelles :

  • Trompe l'oeil in Proxima n° 5, Montréal, octobre 1998.

  • Fondue au noir, Éd. Chouette Province, Marche-en-Famenne, 1999; coll. Fantastique.

  • Coup de coeur in Ténèbres n° 5, Nancy, janvier/mars 1999.

  • Du beau linge in De Sang et d'encre, Ed. Naturellement, septembre 1999.

  • Paradis d'enfer in Forces Obscures 2,Ed. Naturellement, novembre 1999.

  • Un cas de boréalité, en collaboration avec Claude Bolduc, in Horrifique, n° 29, décembre 1999.

  • Racine de 2h sur g, in Phénix, n° 53, janvier 2000.

  • Main de gloire, in Solaris, n° 135, novembre 2000.

  • Femmes entre elles, in Hauteurs, n° 3, décembre 2000.

  • Plongée dans l'univers de Dario Argento, in Khimaira, n° 9, janvier 2001. (Avec une entrevue de l'auteure).

  • Miserere in Emblèmes Sortilèges, Oxymore, Montpellier, mai 2001.

  • Bout du rouleau, in Rêves d'absinthe (anthologie), L'Oeil du Sphinx, Paris, octobre 2001.

  • Anywhere, in Lilith et ses soeurs (anthologie), Oxymore, Montpellier, novembre 2001.

  • C'est le bouquet, in Khimaira, n° 13, janvier 2002.

  • Fou dessein, in Horrifique, Spécial Femmes de l'Étrange, n° 4, Jonquière, Québec, Janvier 2002.

  • L'ennui détruit les implacables, (en collaboration avec Claude Bolduc), in Bestiaire fantastique, L'Oeil du Sphinx, Paris, été 2002.

  • Livraison exceptionnelle, (en collaboration avec Claude Bolduc), in Solaris, n° 142.

Anthologie :

  • Noires Soeurs. Antiphonaire sacrilège en 24 chants, Anthologie fantastique, L'Oeil du Sphinx, Paris, été 2002.

Traductions :

  • Énormémement d'eau et un peu de sang, (trad. de l'italien d'une nouvelle d'Aldo Nove), in Forces Obscures 2, Ed. Naturellement, 1999.

  • Jeunesse cannibale, (trad. de l'italien de l'anthologie italienne Gioventu' cannibale, Torino, Einaudi, 1996), Ed. Naturellement, avril 2000.

Quelques articles critiques :

  • Pieu, famille, patrie, in Vampire portrait d'une ombre, Oxymore, Montpellier, août 1999.

  • Frissons à fleur de Pô, in Simulacres, n° 1, automne 1999.

  • Lucifer sonne toujours trois fois, in Simulacres, n° 1, automne 1999.

  • Les Yeux troubles et autres contes de la lune noire, de Claude Bolduc, in Ténèbres, n° 10, juin/août 2000.

  • Jessie, de Stephen King, in Ténèbres, numéro spécial Stephen King, n° 11/12, septembre 2000 / janvier 2001.

  • Khimaira, un magazine à découvrir, en collaboration avec Claude Bolduc, in Solaris, (Québec) n° 136, mars 2001.

  • Péchés mignons, de Claude Bolduc, in Ténèbres, n° 13, juin/août 2001.

  • Les Ailes du paradoxe, en collaboration avec Claude Bolduc, in Spirale, (Québec) juillet-août 2001.

Prix obtenus

Rechercher par son nom:
Rechercher par un mot:

Rechercher par ordre alphabétique :

a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

Les Activités

Rencontres
Salons, Foires, Marchés
Colloques & Conférences
En classe
Boite à outils
Tous les évènements

 

Région WalloneSLL