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Maurice CAREME

Fiche fondée sur un dossier rédigé par Laszlo FERENCZI
Dossier L : n° 36, fascicule 1

Maurice CAREME
Poète.

Maurice CAREME

Informations générales

Belgique BEL
Né(e) le 12/05/1899 / décédé(e) le 13/01/1978

Biographie

Maurice Carême est né le 12 mai 1899, rue des Fontaines, à Wavre, dans une famille modeste. Son père, Joseph, est peintre en bâtiment; sa mère, Henriette Art, tient une petite boutique où les gens humbles du quartier viennent faire leurs menus achats. Une soeur aînée, Joséphine, est morte âgée d'un jour en 1898; une autre soeur, Germaine, naîtra en 1901; deux frères: Georges, en 1904; Marcel, en 1907. Ce dernier mourra à l'âge de huit mois.

Maurice Carême passe à Wavre une enfance campagnarde si heureuse qu'elle sera une des sources d'inspiration de son oeuvre. Il fait des études primaires et secondaires dans sa ville natale.

En 1914, il écrit ses premiers poèmes, inspirés par une amie d'enfance, Bertha Detry, dont il s'est épris. Élève brillant, il obtient, la même année, une bourse d'études et entre à l'École normale primaire de Tirlemont. Son professeur, Julien Kuypers, l'encourage à écrire et lui révèle la poésie française du début du XXe siècle. C'est à Tirlemont également que Maurice Carême découvre les grands poètes de Flandre.

Il est nommé instituteur en septembre 1918 à Anderlecht-Bruxelles. Il quitte Wavre pour s'installer dans la banlieue bruxelloise. L'année suivante, il dirige une revue littéraire, Nos Jeunes, qu'il rebaptise en 1920 La Revue indépendante. Il noue alors ses premiers contacts littéraires et artistiques (avec Edmond Vandercammen en 1920 et, en 1921/1922, avec le peintre Félix De Boeck). Il épouse en 1924 une institutrice, Andrée Gobron (Caprine), originaire de Dison.

Son premier recueil de poèmes, 63 illustrations pour un jeu de l'oie, paraît en décembre 1925. Entre 1925 et 1930, il est fasciné par les mouvements surréalistes et futuristes. Il publie, en 1926, Hôtel bourgeois, en 1930, Chansons pour Caprine où se découvrent les reflets d'une vie sentimentale assez douloureuse, puis, en 1932,Reflets d'hélices. Mais, au moment de cette publication (sans doute la plus marquée par les écoles littéraires de l'époque) il a déjà pris ses distances vis-à-vis d'elles.

Il a fait, en 1930, une découverte qui va s'avérer essentielle pour toute sa démarche poétique (voire romanesque) celle de la poésie écrite par les enfants. C'est, pour Maurice Carême, une remise en question fondamentale au cours de laquelle il revient à une grande simplicité de ton. Il publie d'ailleurs deux essais consacrés à ces textes d'enfants dont il fut l'éveilleur : en 1933, Poèmes de gosses et, en 1936, Proses d'enfants.

Il fut avec Géo Norge, Pierre Bourgeois, Georges Linze, Claire et Yvan Goll, André Salmon, Edmond Vandercammen, René Verboom, etc. l'un des fondateurs du Journal des Poètes, en 1931. En 1933, il termine des études de déclamation au Conservatoire de Bruxelles, dans la classe de Madeleine Renaud-Thévenet. Il obtient un Premier prix. La même année, il fait construire, avenue Nellie Melba, à Anderlecht, la Maison blanche, à l'image des maisons anciennes de son Brabant. Elle deviendra, en 1975, le siège de la Fondation Maurice Carême et le Musée Maurice Carême, en 1978.

Le recueil Mère paraît en 1935. La simplicité profonde des vers lui vaut d'être remarqué par de nombreux critiques littéraires parisiens, dont celui du Mercure de France. L'oeuvre reçoit, en 1938, le Prix Triennal de poésie en Belgique et inspire à Darius Milhaud sa Cantate de l'enfant et de la mère (Première mondiale au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, le 18 mai 1938).

En 1943, Maurice Carême quitte l'enseignement pour se consacrer entièrement à la littérature. Il se lie la même année avec Jeannine Burny pour laquelle il écrit La bien-aimée en 1965. Secrétaire du poète jusqu'à la mort de celui-ci, elle préside à présent la Fondation Maurice Carême.

De nombreuses oeuvres paraissent et sont couronnées par des prix littéraires en Belgique et à l'étranger : Prix Victor Rossel (1948), Prix de l'Académie française (1949 et 1954), Prix international Syracuse (1950), Prix populiste de poésie (1951), Médaille de la Ville de Sienne (1956), Prix Félix Denayer (1957), Prix de la poésie religieuse (1958), Prix du Président de la République française (1961), Prix de la Province de Brabant (1964), Prix de la traduction néerlandaise (1967), Grand Prix international de poésie (France, 1968), Prix européen (Italie, 1976), etc.

Les années 1950-1951 sont marquées pour Maurice Carême par une nouvelle remise en question de son art. Il tente d'allier la simplicité complexe de ses vers à la magie de l'image. «Ymagier», comme on la dénommé dès les années 1930, il va opérer cette véritable alchimie poétique grâce à des images dont l'adéquation au texte sera telle qu'on ne verra plus de celui-ci que la nudité transparente.

À la Pentecôte 1954, Maurice Carême fait un premier séjour à l'abbaye d'Orval. C'est le début d'une période d'intense créativité, doublée d'une patiente mise au point de l'oeuvre, qui ne s'interrompra qu'avec la mort. À Orval, il écrit Heure de grâce qui paraît en 1957. Maurice Carême approfondit la lecture des grands mystiques, des philosophes, des sages de l'Inde, de la Chine, se penche sur le Zen, reprend les oeuvres de Teilhard de Chardin, de Rabindranath Tagore. Il fera dix-sept séjours à Orval de 1954 à 1970, mais il écrit aussi dans le Brabant (particulièrement dans la région wavrienne, son lieu privilégié d'inspiration), le long de la Mer du Nord (à Coxyde, dans l'appartement du peintre Henri-Victor Wolvens, et à Heyst).

Le 9 mai 1972, il est nommé Prince en poésie à Paris. Pendant les six années qui lui restent à vivre, il part écrire durant l'été en France, publie quatorze recueils de poèmes, un roman fantastique : Médua, un choix de traductions des poètes de Flandre. Trois anthologies de ses poèmes paraissent, plusieurs disques lui sont consacrés.

Il crée le 4 décembre 1975 la Fondation Maurice Carême, établissement d'utilité publique. Il meurt le 13 janvier 1978 à Anderlecht laissant onze oeuvres inédites parmi les plus graves qu'il ait écrites.

L'oeuvre de Maurice Carême comprend plus de quatre-vingts recueils de poèmes, contes, romans, nouvelles, essais, traductions. De nombreuses anthologies de ses poèmes ont été publiées. Des essais, des disques, des films lui sont consacrés. L'oeuvre, couronnée par de nombreux prix littéraires, est traduite dans le monde entier et mise en musique par plus de deux cents musiciens. Un colloque consacré à son oeuvre et réunissant des personnalités littéraires, artistiques et universitaires de Belgique, de Bulgarie, de l'Équateur, de France, de Hongrie, du Japon, de Pologne, de Roumanie, s'est tenu à Bruxelles, en novembre 1985, sous l'égide de la Commission française de la Culture de l'Agglomération de Bruxelles et de la Fondation Maurice Carême.

Bibliographie

  • Chansons pour Caprine, poèmes, Éd. Henriquez, Bruxelles, 1930.

  • Le royaume des fleurs, roman et contes, Bourrelier et Colin, Paris, 1934; 1959, 6e éd.; Prix de littérature enfantine «Jeunesse».

  • Mère, poèmes, 1935; Éditions Ouvrières, Paris, 1977, 20e éd. Prix triennal de poésie.

  • Petite flore, poèmes, chez l'auteur, Bruxelles, 1937. Prix Edgar Poe.

  • Lancelot, légende dramatique, chez l'auteur, Bruxelles, 1938.

  • La lanterne magique, poèmes, 1947; Éditions Ouvrières, Paris, 1987, 21e éd.

  • Contes pour Caprine, contes, 1948; Duculot, Gembloux, 1975, 3e éd. Prix Victor Rossel.

  • Le ruban pompadour, contes, 1948 (sous le nom d'Orladour); La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1960, 2e éd. Prix Victor Rossel.

  • La maison blanche, poèmes, 1949; Bourrelier et Colin, Paris, 1972, 6e éd. Prix de l'Académie française.

  • Petites légendes, poèmes, 1949; Louis Musin, Bruxelles, 1979, 4e éd.

  • La passagère invisible, récit de voyage, 1950; G.P., coll. Super 1000, Paris, 1966, 3e éd.

  • La voix du silence, poèmes, 1951; Éditions Ouvrières, Paris, 1977, 4e éd. sous le titre Mèresuivide La voix du silence. Prix populiste de poésie à Paris.

  • La bille de verre, roman, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1951.

  • L'eau passe, poèmes, Bruxelles, 1952; chez l'auteur, 1953, 2e éd. Prix International Syracuse. Prix de l'Académie française.

  • Images perdues, poèmes, Bruxelles, 1954; chez l'auteur, 1955, 2e éd.

  • Heure de grâce, poèmes, Bruxelles, 1957; chez l'auteur, 1963, 3e éd. Prix Félix Denayer. Prix de poésie religieuse à Paris.

  • L'oiseleur, poèmes, chez l'auteur, Bruxelles, 1959.

  • La flûte au verger, poèmes, Bruxelles, 1960; chez l'auteur, 1961, 2e éd.

  • La grange bleue, poèmes, 1961; Éd. Ouvrières, Paris, 1978, 8e éd.

  • Pomme de reinette, poèmes, 1962; Gécibis Ltd, Saint-Hélier, 1992, 8e éd.

  • Bruges, poèmes, 1963; Arcade, Bruxelles, 1968, 3e éd.

  • Un trou dans la tête, roman, Julliard, Paris; A.B.G.E., Bruxelles, 1964.

  • En sourdine, poèmes, Éditions du Verseau, Bruxelles, 1964.

  • La bien-aimée, poèmes, 1965; Gécibis Ltd, Saint-Hélier, 1992, 4e éd.

  • Brabant, poèmes, 1967; Éditions Ouvrières, Paris, 1977, 4e éd. Prix de la Province de Brabant.

  • Anthologie de la poésie néerlandaise, traductions, Aubier-Montaigne, Paris; Asedi, Bruxelles, 1967. Prix de la traduction néerlandaise.

  • Le sablier, poèmes, chez l'auteur, Bruxelles, 1969.

  • Entre deux mondes, poèmes, 1970; F. Nathan, Paris, 1979, 4e éd.

  • L'arlequin, poèmes, 1970; F. Nathan, Paris, 1978, 6e éd.

  • Mer du Nord, poèmes, 1971; F. Nathan, Paris, 1978, 3e éd.

  • L'envers du miroir, poèmes, 1973; Gécibis Ltd, Saint-Hélier, 1992, 4e éd.

  • Le moulin de papier, poèmes, 1973; Gécibis Ltd,  Saint-Hélier, 1992, 7e éd.

  • Les étoiles de la poésie de Flandre, traductions, 1973; La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1980, 2e éd.

  • Almanach du ciel, poèmes, 1973; F. Nathan, Paris, 1974, 3e éd.

  • De feu et de cendre, poèmes, F. Nathan, Paris, 1974.

  • Complaintes, poèmes, 1975; F. Nathan, Paris, 1976, 3e éd.

  • Médua, roman, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1976.

  • Nouveau florilège poétique de Maurice Carême, choix de poèmes, 1976; l'Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1978, 4e éd.

  • Au clair de la lune, poèmes, 1977; Hachette, Livre de poche Jeunesse (Fleurs d'encre), Paris, 1993, 4e éd.

  • Figures, poèmes, F. Nathan, Paris, 1977.

  • Défier le destin, poèmes, Vie Ouvrière, Bruxelles, coll. Pour le plaisir, 1987.

  • De plus loin que la nuit, poèmes, Vie Ouvrière, Bruxelles, coll. Pour le plaisir; Pierre Zech, Paris, 1992.

  • L'oiseleur et autres poèmes, poèmes, Ed. Gallimard Jeunesse, coll. Enfance en poésie, 2003.

  • Et puis après, poèmes, Ed. Arfuyen, coll. Les Cahiers d'Arfuyen, 2004.

  • Poèmes choisis, poèmes, Ed. Biotop, coll. Trois-demi Le Mini-Livre, 2004.

Anthologies et ouvrages critiques :

  • Maurice Carême, par Jacques Charles, essai suivi d'un choix de poèmes, Pierre Seghers, Paris, 1965, coll. Poètes d'aujourd'hui; 1966, 2e éd.

  • Florilège poétique de Maurice Carême, présentation et choix de poèmes par Pierre Menanteau, Blainville-sur-Mer, 1969; l'Amitié par le livre, 1972, 2e éd.

  • Maurice Carême, par Gilbert Delahaye, essai, Unimuse, Tournai, 1969, coll. Le miroir des poètes.

  • Dans la main de Dieu, choix de poèmes, Éditions Ouvrières, Paris, coll. La butte aux cailles, 1979.

  • Un éducateur, un poète, Maurice Carême, par Jeannine Burny, essai, L'École et la famille, dossiers d'éducation, Lyon, 1980.

  • La saveur du pain, choix de poèmes, 1982; Les Eperonniers, Bruxelels, 1987, coll. Passé-présent, 2e éd.

  • Les plus beaux poèmes de Maurice Carême, choix de poèmes, 1985; Éditions Ouvrières, Paris, coll. Petite enfance heureuse et le Temps apprivoisé, 1991, 2e éd.

  • Les plus belles chansons de Maurice Carême, choix de mélodies, choeurs, chansons sur des poèmes de Maurice Carême, Éditions Ouvrières, Paris, coll. Enfance heureuse, 1986.

  • À l'ami Carême, choix de poèmes, 1987; Hachette, Livre de Poche jeunesse (Fleurs d'encre), Paris, 1993.

  • Relire Maurice Carême, essai, par Laszlo Ferenczi, Fondation Maurice Carême, Bruxelles, 1992. Prix d'études littéraires Maurice Carême.

  • L'univers dans un vers, essai, par Constantin Barbu, Fondation Maurice Carême, Bruxelles, 1992. Prix d'études littéraires Maurice Carême.

  • Maurice Carême ou la clarté profonde, colloque, novembre 1985, Commission communautaire de la Région de Bruxelles-Capitale, 1992.

  • 23 poèmes de Maurice Carême, Ed. Mir, Moscou.

  • Etre ou ne pas être, recueil posthume de poésie, Réed. L'Age d'Homme, La petite Belgique, 2008.

  • L'Evangile selon Saint Carême, recueil posthume, L'Age d'Homme, Lausanne, 2013.

Divers:

  • Poèmes de Maurice Carême (1899-1978), CD Audio, poèmes interprétés par l'auteur, Ed. Frémeaux et Associés, 2003.

  • Une biobibliographie complète et comparée figure dans La saveur du pain.

Prix obtenus

De nombreuses oeuvres paraissent et sont couronnées par des prix littéraires en Belgique et à l'étranger : Prix Victor Rossel (1948), Prix de l'Académie française (1949 et 1954), Prix international Syracuse (1950), Prix populiste de poésie (1951), Médaille de la Ville de Sienne (1956), Prix Félix Denayer (1957), Prix de la poésie religieuse (1958), Prix du Président de la République française (1961), Prix de la Province de Brabant (1964), Prix de la traduction néerlandaise (1967), Grand Prix international de poésie (France, 1968), Prix européen (Italie, 1976), etc.

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