| Biographie
En
vendant plus de quatre cents millions de livres, traduits dans une
cinquantaine de langues, Simenon est, avec Hergé et Magritte, l'un des rares
Belges à avoir envahi l'imaginaire planétaire. Le succès l'a couronné sans
reconnaissance préalable par la critique ou l'université. C'est dire que le
public l'a en quelque sorte plébiscité, trouvant ou retrouvant dans
Lettre à mon juge, La neige était sale ou Le petit saint,
le simple et bienfaisant plaisir de lire sans contrainte d'aucune sorte -
culturelle, sociale ou économique.
A
l'exception de quelques critiques acariâtres, chacun reconnaît que Georges
Simenon est bien "le plus grand romancier de tous, le plus vraiment
romancier que nous ayons en littérature". Il y a d'ailleurs belle lurette
que, d'un bout à l'autre de la planète, les lecteurs de toutes races, de
toutes conditions et de toutes cultures ont ratifié ce jugement que Gide
était le seul à tenir à la fin des années trente. Au point que la moindre
référence à cet univers tout imprégné par les souvenirs liégeois de
l'écrivain sonne comme un mot de passe perdu au fond de quelque ruelle
qu'éclaire seulement le halo des réverbères.
Au
bout de l'impasse, sous le crachin persistant, il y a l'Homme. Cet homme que
la société moderne a amputé d'une part de lui-même. Gageons que c'est
précisément de cette part commune et pourtant refoulée que Simenon nous
parle. Ce faisant, il nous soumet à une curieuse et bienfaisante séance
d'hypnose, car lire du Simenon c'est en toute intimité lire au fond de
soi-même, de la société, de l'univers.
13 février 1903 :
Naissance à Liège de Georges Simenon, fils de Désiré Simenon, comptable dans
une compagnie d'assurances, et d'Henriette Brüll, ménagère. Un frère cadet.
1914 : Etudes
secondaires aux Collèges Saint-Louis et Saint-Servais à Liège.
1918 : Met un terme
prématuré à ses études, son père adulé étant malade. Devient journaliste à
la Gazette de Liège (faits divers et chronique d'humeur). Fréquente
un groupe de jeunes artistes (la Caque).
1921 : Publie son
premier roman à compte d'auteur : Au pont des arches, "petit
roman humoristique à moeurs liégeoises".
1922 : Gagne Paris
avec Régine Renchon, sa première épouse, dont il aura un fils.
1923-1926 : Sous
divers pseudonymes, publie de 1000 à 1100 "contes galants" destinés aux
publications populaires de l'époque : Frou-Frou, Paris-Plaisir,
Paris-Flirt, ainsi que 212 romans populaires (aventure, érotisme, eau
de rose), composés pour "les petites vendeuses". Cette extraordinaire
production lui permet de gagner largement sa vie. Fréquente le Tout-Paris
des années folles (Vlaminck, Derain, Foujita, Joséphine Baker, ...).
1928-1929 : Voyage sur
les cours d'eau de France et des Pays-Bas. Ecrit des reportages. A Delfzijl
(Hollande), crée définitivement le personnage de Maigret.
1931 : Lancement de la
série des Maigret par l'éditeur Fayard, au cours du célèbre "Bal
anthropométrique". Succès foudroyant, traductions, adaptations
cinémato-graphiques. Commence à publier des romans "durs".
1931-1933 : Chez
Fayard : Le relais d'Alsace, La maison du canal.
1932-1946 : Chez
Gallimard : Les Pitard, Le bourgmestre de Furnes
...
1947-1972 : A la Jeune
Parque : La fuite de monsieur Monde. Aux Presses de la Cité,
où il publiera la suite de son oeuvre : Lettre à mon juge,
La neige était sale, Le petit saint.
Jusqu'en 1972 : Publie
à un rythme soutenu des Maigret et des romans "de la
destinée". Plus de deux cents titres au total.
1945 : Débarque aux
Etats-Unis et finit par s'installer dans le Connecticut. Epouse Denyse
Ouimet, dont il aura trois enfants.
1955 : Revient en
Europe. France puis Suisse (Echaudens, Epalinges, Lausanne). |
1972 : Cesse d'écrire
des romans. Décide de retourner à une vie simple, avec Térésa, sa compagne.
Publie encore ses Mémoires intimes ainsi que des volumes de
Dictées.
1977 : Fait don de ses
archives littéraires à l'Université de Liège. Création d'un Fonds Simenon.
Choix bibliographique
Oeuvres :
- Georges Simenon,
Oeuvres complètes, sous la direction de Gilbert SIGAUX, Lausanne,
Editions Rencontre, 1967-1973, 72 volumes.
- Certains titres sont repris
chez Presse-Pocket, Folio ou Labor.
- Mémoires intimes,
Dictées, série : Les introuvables de Georges Simenon,
Presses de la Cité.
Travaux critiques :
- B. DE FALLOIS,
Simenon, Paris, Gallimard, La Bibliothèque idéale, 1961.
- J.-L. DUMORTIER,
Georges Simenon, Un livre, une oeuvre, Bruxelles, Labor, 1985.
- J. FABRE, Enquête sur
un enquêteur - Maigret - Un essai de socio-critique, Montpellier,
Etudes socio-critiques, 1981.
- C. GOTHOT-MERSCH, J.
DUBOIS, J.-M. KLINKENBERG, D. RACELLE-LATIN, C. DELCOURT, Lire Simenon,
Réalité/Fiction/Ecriture, Paris-Bruxelles, Nathan-Labor, Dossier
Media, 1980.
- F. LACASSIN & G. SIGAUX,
Simenon, Paris, Plon, 1973.
- T. NARCEJAC, Le cas
Simenon, Presses de la Cité, 1950.
- M. PIRON & D. LEMOINE,
L'univers de Simenon, Paris, Presses de la Cité, 1983.
- M. RUTTEN, Simenon.
Ses origines. Sa vie. Son oeuvre, Nandrin, Eugène Wahle, 1987.
- Dossiers du C.A.C.E.F.,
n° 92, décembre 1981.
- Simenon,
Cistre, Essai 10, Lausanne, Âge d'Homme, 1980.
- R. BOYER, Le chien jaune
de Georges Simenon, Paris, Hachette, 1973; coll. Lire aujourd'hui.
- F. BRESLER, L'énigme
Georges Simenon, Paris, Balland, 1985.
- P. DEBRAY-RITZEN,
Simenon, avocat des hommes, Paris, Buchet-Chastel, 1983.
- A. PARINAUD,
Connaissance de Georges Simenon, Paris, Presses de la Cité, 1957.
- A. RICHTER, Georges
Simenon ou l'homme distingué, Bruxelles, La Renaissance du Livre.
- M. VEIRARD, L'affaire
Saint-Fiacre de Simenon, Ed. Pédagogue Moderne, 1982.
- Aain BERTRAND,
Simenon, Qui êtes-vous?, Lyon, La Manufacture, 1988.
- M. LEMOINE, Liège
dans l'oeuvre de Georges Simenon, Liège, Ed. Faculté Ouverte, 1989.
- M. P. BOUTRY, Les 300
vies de Simenon, Paris, Claire Martin du Gard éditeur, 1990.
- S. ESKIN, Simenon,
une biographie, Paris, Presses de la Cité, 1990.
A signaler :
L'association "Les Amis de
Georges Simenon" - rue de l'Ancien-Presbytère, 1 bte 4, 1040 Bruxelles -
publient chaque année Les Cahiers Simenon et Le Centre d'Etudes
Georges Simenon de l'Université de Liège, la revue Traces.
DOSSIERS L :
n° 17, fascicule 4 et n°
29, fascicule 3. |