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Photo
: © Jean-Luc Geoffroy
Résolument hostile au
tape-à-l’œil, étrangère à toute pause
narcissique, la poésie brûlante d’André
Schmitz évoque la surface miroitante et
faussement tranquille de ces mers intérieures
dont les eaux révèlent, pris aux filets des rêves,
les poissons issus des plus grandes profondeurs.
Rare mais essentielle,
cette œuvre s’ouvre à la lumière avec Pour
l’amour du feu (1961), À voix double
et jointe (1966), trouve les secrets de sa
parole profonde avec Oiseaux, éclairs et
autres instants (1977) et son point d’équilibre
avec Une poignée de jours (1983).
Contraction formelle née
de l’économie des moyens et images inouïes
reflétant la vie secrète des plus simples
objets-signes, voici, pour André Schmitz, la
source et la justification de toute poésie
authentique. C’est donc par le refus du
discours orné, la méfiance envers tout
romantisme complaisant et la rigueur que Schmitz
nous dévoile sa parole bouleversante.
Sans doute cette poésie
devient-elle fondamentalement attachante par son
poids d’offrande, elle qui brûle de donner,
de se donner, de partager, avec le lecteur
attentif, le chant profond d’une émotion. On
s’aperçoit d’ailleurs par quels
renoncements et quels refus de la séduction le
poète a dû passer afin de transmettre en toute
pureté ces instants privilégiés dont la rareté
et l’intensité désarmeraient un analyste à
qui manquerait ce précieux frémissement
spirituel sans lequel il n’est d’ailleurs
pas de critique véritable.
Mini-DVD
Emission Préface & Post-Scriptum Présentée par Savina de
Jamblinne
(Dans la prose des jours)

Bio-bibliographie
1929 : naissance à Erneuville, en Ardenne
belge, le 17 août.
Jeunesse : à côté de grands aînés comme
Robert Vivier, Pierre Nothomb, Marcel Thiry ou
Albert Ayguesparse, André Schmitz doit son
ouverture à la poésie à l’amicale attention
d’Anne-Marie
Kegels, son aînée de quelques années,
mais avec l’œuvre et la pensée de laquelle
il maintiendra un contact privilégié,
connivent.
1961 : son premier recueil, Pour
l’amour du feu, aux Editions des
Artistes, Bruxelles, signale un poète en voie de se réaliser.
Les poèmes y portent certes encore des traces
d’influences, mais possèdent déjà un ton,
un climat bien personnels. Ces premiers textes
obtiennent le Prix Polak, octroyé par l’Académie
Royale de Langue et de Littérature françaises
de Belgique.
1965 : Parution, aux
Editions du Verseau, Bruxelles, de
À voix double et jointe, union
savante d’émotions et d’interrogations
existentielles. Peu à peu, le poète pourchasse
de son discours toute préciosité post-symboliste,
dégraisse son écriture de tout régionalisme
lyrique.
1973
:
Soleils rauques, Éditions André
De Rache, Bruxelles, porte la marque d’une étape
cruciale. Schmitz tend vers une écriture plus
resserrée, plus contractée, plus dense. En
outre, sa poésie acquiert une dimension métaphysique
: l’amour, la mort, la destruction ou la résurrection
des êtres et des choses, tout cela le retiendra
désormais en priorité.
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1975 : Soleils rauques obtient
le Prix triennal de littérature de Belgique. Ce
prix important donne enfin à André Schmitz ,
en Belgique francophone, la place que son œuvre
mérite. Peu après, Jean Orizet accueillera et
défendra son œuvre hors de nos frontières.
1977 : Oiseaux, éclairs et autres
instants est publié aux Ed.
Saint-Germain-des-Prés à Paris, où, peu
à peu, l’œuvre de Schmitz attire
l’attention de poètes comme Charles Le
Quintrec, Luc Bérimont, Jean Orizet, Philippe
Jacottet, Yves Bonnefoy. Ce recueil est aussi
celui où apparaît la démarche faîtière du
poète, ce qui, désormais, sera à la fois son
ton, son écriture, son climat, ses dilections
et ses rejets.
1983 : Une poignée de jours
(Ed. Saint-Germain-des-Prés, Paris),
prolonge et étoffe la réflexion sur le langage
et sur la vie entreprise depuis Soleils
rauques. Cette même année 1983, Une
poignée de jours reçoit le Prix du
Conseil Culturel de la Communauté française de
Belgique.
1984 : Le ramasseur de feu paraît
à Luxembourg, en édition bibliophilique
(Galerie Simoncini Éditeur), avec des gravures
originales de Michel Ventrone.
1985 : Bibliophilie encore, aux
Editions de
la Grippelotte, à Paris : La douceur
des couteaux, recueil adorné de dix
gravures de Francis De Bolle.
1985 : Les Éditions Poegram, à Paris, éditent un
album illustré de douze pastels tirés en sérigraphie
originales de Marie Hénon : Entailles
(bibliophilie).
1987 : André Schmitz voit l’ensemble de
son œuvre couronnée par le Prix de la Fondation
A. et J. Goffin.
1990 : L’arbre à Paroles (Amay), dans sa
collection Le buisson ardent, publie Délits
de légèreté et les Editions
de l’Âge d’Homme (Lausanne-Paris) publient Les
prodiges ordinaires.
1993 : Le Tétras Lyre publie, en édition
bibliophilique, Les cerfs-volants.
1994 : Raclements d’ailes
sort en coédition entre l’Arbre à Paroles (Amay),
Phi (Luxembourg) et les Écrits des forges
(Trois-Rivières - Québec). En fait, cet épais
recueil regroupe, pour l’essentiel, les poèmes
de Oiseaux, éclairs et autres instants
et de Une poignée de jours.
1995 : L’Arbre à
Paroles consacre son numéro
85 (mai juin) à André Schmitz (hommages et
portraits, lettres ouvertes, inédits,
entretien, bibliophilie).
2000 : André Schmitz
est couronné par le Prix
Mallarmé 2000.
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Un peu de pluie entre les
dents, choix de
poèmes en édition bilingue (français - tchèque).
Présentation et traduction : Jana Boxbergerova.
Illustrations : Michel Forest. Éditions Protis
(Roman Polak), Prague et L'Arbre à Paroles, Amay,
2000.
- Incises incisions,
Ed. Phi, Luxembourg, coll. G.R.A.P.H.I.T.I.,
en collaboration avec les Ed. Ecrits des Forges,
Québec, 2000. Illustrations de Roger Bertemes.
-
Lettres à l'illetrée, Ed. de
l'Acanthe, Namur, 2000.
-
Etranglements, Le Cormier, Bruxelles,
2001.
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Dans la prose des jours,
Poésie 1961-2001, La Renaissance du
Livre, Tournai, 2002. Introduction de Charles
Dobzynski
N. B. : on ne trouvera pas ici de biographie
anecdotique d’André Schmitz. Pour lui, plus
encore que pour tout autre vrai poète, la vie réelle
s’inscrit et s’éclaire par et dans l’œuvre.

Photo : © Jean-Luc Geoffroy
DOSSIERS L,
n° 3, fascicule 2.
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