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OUt
Jean-Luc Outers

Romancier

Avec la complicité de Carlo Masoni

BiographieJean-Luc Outers

 

 

 

Photo : © Jean-Luc Geoffroy

Avec seulement cinq romans parus à ce jour, Jean-Luc Outers a pris rang parmi les écrivains qui comptent. Il fait partie de ces auteurs, assez nombreux aujourd’hui, qui ont contribué à faire de notre pays et de sa capitale des espaces où s’inscrit à l’aise la création littéraire, et même des objets privilégiés de cette création. Limitant son propos à des aires géographiques, sociales ou familiales qu’il connaît d’expérience, puisant d’abondance dans sa propre biographie pour nourrir ses inventions, il édifie une œuvre à laquelle la récurrence des thèmes et l’incessant questionnement dont elle est chargée confèrent une unité évidente.

Ses œuvres se ressentent des courants de la création contemporaine, mais sa démarche ne résulte ni d’une volonté de rupture, ni d’une recherche du coup d’éclat. Elle s’inscrit dans une continuité, et témoigne d’une sensibilité aux mouvements de la pensée et aux évolutions de la création et de l’expression romanesques bien plus que d’un asservissement aux modes et aux théories.

La gravité des problèmes abordés s’y teinte le plus souvent d’humour. Le sarcasme y est fréquent, mais il évite toute amertume. L’œuvre tire une grande part de sa force du paradoxe qui souvent la constitue. Le dérisoire des entreprises y ouvre à des questions essentielles, l’anecdote souriante s’y inscrit dans une vision critique souvent acérée de la société contemporaine.

Jean-Luc Outers se projette volontiers dans ses personnages et puise abondamment dans son vécu. Il évite cependant de tomber dans la complaisance. Même dans les moments les plus pathétiques, il s’impose une pudeur à laquelle contribue la sobriété d’un langage parfaitement maîtrisé.

Inscrivant avec détermination ses écrits dans son temps, il n’en esquive ni les splendeurs ni les misères. Il y a du moraliste dans son œuvre.

Jean-Luc Outers

 

 

 

Photo : © Jean-Luc Geoffroy

 

Le 5 mars 1949, naissance de Jean-Luc Outers. Son père est Lucien Outers, surtout connu pour une carrière politique brillante (il fut député européen, bourgmestre, et plusieurs fois ministre) mais qui fut aussi écrivain, à la fois pamphlétaire, historien et romancier. Père très présent aussi dans l’œuvre du romancier, et particulièrement dans le roman La place du mort, tout entier centré précisément sur la figure du père.

Études de droit à Louvain.

En 1973, Jean-Luc Outers enseigne à La Louvière, où il fonde une école pour psychotiques.

Professeur dans l’enseignement supérieur artistique à Bruxelles.

De 1974 à 1990, il est responsable du Service éducation permanente et audiovisuel de la Commission française de la culture et membre de la Commission de sélection des films.

Fondateur d’ateliers de production de films documentaires et organisateur de manifestations cinématographiques.

En 1987, les éditions Gallimard publient son premier roman, L’ordre du jour, qui se verra aussitôt «nominé» pour le Prix Rossel.

 

DOSSIERS L n° 51, fascicule 2.

En 1987, J.-L. Outers devient Conseiller littéraire, responsable du Service des Lettres et du Livre au Ministère de la Culture de la Communauté Française, fonction qu’il exerce encore à présent. À ce titre, il est aussi éditeur de la revue Le carnet et les instants, un bimensuel consacré à la promotion et à la diffusion des lettres belges de langue française.

En 1993, J.-L. Outers a obtenu le prix Rossel pour Corps de métier, paru à la Différence et, en 1995, le prix AT&T pour La place du mort (même éditeur).

De 1994 à 1996, il a été chargé du cours de littérature belge à l’université de Paris X-Nanterre.

Vit à Bruxelles. Marié et père de deux enfants.

 

Bibliographie

- L’ordre du jour, roman, Gallimard, Paris, 1987, coll. Blanche. Rééd. Labor, coll. Espace Nord et Actes-Sud, coll. Babel, 1998. Traduction en néerlandais, italien et tchèque. Adaptation cinématographique par Michel Khleifi, 1993. Festivals de Bruxelles et de Locarno.

- Avec le temps, essai, Ed. Labor, Bruxelles, 1993.

- Corps de métier, roman, Ed. La Différence, Paris, 1992. Prix Victor Rossel, 1993. Traduit en néerlandais.

- La place du mort, roman, Ed. La Différence, Paris, 1995. Traduit en roumain. Prix AT&T, 1995. Rééd. coll. Minos, 2005.

- La compagnie des eaux, roman, Actes Sud, 2001. Rééd. coll. Babel, 2006.

- Le bureau de l'heure, roman, Actes Sud, 2004, coll. Un endroit où aller. Rééd. Actes Sud, Babel, 2007.

- Je me souviens de Bruxelles, collectif, anthologie, Le Castor Astral, coll. Escales du Nord, 2006.

- Le voyage de Luca, Ed. Actes Sud, 2007.

Nombreux articles dans des quotidiens belges (Le Soir, La Libre Belgique) et français (Libération) ainsi que dans des revues cinématographiques et littéraires.

A publié, en 1992, une étude sur la vidéo de création en Amérique du Nord.

À consulter :

TORREKENS Michel, L’ordre du jour in Indications, n° 5, 44e série.

TORREKENS Michel, Corps de métier in Indications, n° 5, 49e série.

VIRONE Carmelo, Jean-Luc Outers, prix AT&T in Le carnet et les instants.

DELMEZ Françoise, Papa grand comme une maison  in Le carnet et les instants.

BOSQUET Alain, Les mystères du réel in Le figaro littéraire, janvier 1993.

DE CORTANZE Gérard, Navigateur au long cœur in Le magazine littéraire, n° 335, septembre 1995.

CREUZ Sophie, Voyage au bout de la vie in L’écho, 26 septembre 1995.

MEUDAL Gérard, Sois belge et tais-toi iin Libération, 9 novembre 1995.

DE DECKER Jacques, Jean-Luc Outers : voyage avec mon père in Le Soir.

Voir aussi, concernant Corps de métier :

Alain BOSQUET, Libération, 7 octobre 1992.

Roger BEGON, La Wallonie, décembre 1992.

Jacques DE DECKER, Le Soir, 2 septembre 1992.

Concernant La place du mort :

Laure-Élisabeth LORENT, La Revue Nouvelle, octobre 1996.