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Jean-Luc Geoffroy
Essai et critique, pour désigner
toute production qui s'oppose à la littérature
dite d'imagination, ont pris aujourd'hui une
telle ampleur qu'on a pu les considérer comme
les genres littéraires par excellence du XXe
siècle. Ne faisons pas une trop nette différence
entre les deux. Selon Robert
Frickx et Jean-Marie Klinkenberg, dans leur
manuel de littérature française de Belgique
(chez Nathan), l'essai est multiforme et omniprésent,
tandis que la critique se définit par son
objet, plus spécialisé, et par la fonction
qu'elle exerce vis-à-vis de cet objet (présenter,
classer, juger).
L'œuvre de Marcel Lobet
relève à la fois des deux genres, qui sont,
d'ailleurs, complémentaires. Il a collaboré,
pendant longtemps, à la rubrique littéraire du
journal Le Soir et il se trouve toujours présent
au sommaire de la Revue Générale. Il a fait de
la critique chorégraphique et il fut notamment
un des premiers à découvrir Maurice Béjart.
Il s'est intéressé au cinéma, par exemple à
François Truffaut.
Il a consacré des essais
à la littérature, mais aussi à la danse et à
l'histoire. Il a écrit sur Joris-Karl Huysmans,
Arthur Masson, Marcel Thiry et Henry de
Montherlant. Dans ses Classiques de l'an 2000,
oeuvre magistrale pour les humanistes et les
professeurs de lettres, il s'interroge sur les
écrivains de haute qualité qui conserveront
l'audience de l'homme futur.
L'essayiste, chez Marcel
Lobet, va d'instinct vers ce qui lui est «proche
et semblable», c'est-à-dire des oeuvres marquées
par les grands débats de la condition humaine :
le bien et le mal, la vie et la mort, l'amour et
la haine. Il aborde donc les productions littéraires
du point de vue de leur intériorité,
bousculant les distinctions entre le fond et la
forme, préférant l'éthique à l'esthétique.
D'où une prédilection très accusée pour la
confession littéraire, cette forme aiguë du
journal intime où le scripteur met l'accent sur
ses erreurs et ses déficiences.
C'est tellement vrai que,
devenu romancier, Marcel Lobet a donné à ses
romans la forme de la confession. Le fils du
temple et Le temple éternel qui
seront plus tard fondus dans Nathanaël
suffisent à ranger l'auteur parmi les
romanciers créateurs.

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Jean-Luc Geoffroy
Bio-bibliographie
Le 28 juin 1907, naissance
de Marcel Lobet à Braine-le-Comte (Picardie
belge), humanités gréco-latines et études de
philosophie.
En 1926, début de la
carrière littéraire dans La Nouvelle Équipe,
par des articles (sur Bernanos), des comptes
rendus, une revue des revues et même un peu de
poésie.
De 1929 à 1950, secrétaire
de rédaction à La Revue belge
puis journaliste à L'Indépendance belge
et La Nation belge. Intérêt pour
le monde arabe. Publie L'Islam et
l'Occident en 1939.
DOSSIERS L, numéro
1, fascicule 3
|
1934 : Premier livre
consacré à Camille Melloy, Desclée De Brouwer,
Paris.
1941 : Chercheurs de
Dieu, Les Écrits, Bruxelles.
1943 : Histoire mystérieuse
et tragique des Templiers, Les Écrits, Bruxelles-Paris.
1946 : La poésie et
l'amour, Éditions du Vieux Colombier,
Paris.
1950 - 1969, rédacteur au
Soir (littérature, cinéma,
ballet), ensuite secrétaire.
1954 : La science du
bien et du mal, Éditions des Artistes,
Bruxelles.
1960 : J. K.
Huysmans ou le témoin écorché, Éditions
Vitte, Lyon.
1962 : Écrivains en
aveu, Éditions Brepols, Bruxelles.
De 1964 à 1971,
professeur à l'école pour journalistes de
Bruxelles.
1966 : La ceinture
de feuillage, La Renaissance du Livre,
Bruxelles.
1969 : Le feu du
ciel, La Renaissance du Livre,
Bruxelles.
Marcel Lobet est élu à
l'Académie Royale de Langue et de Littérature
Françaises de Belgique en 1970.
1970 : Classiques de
L'an 2000, Éditions de La Francité,
Nivelles.
1971 : Arthur Masson
ou La richesse du cœur, Vanderlinden,
Bruxelles (Institut Jules Destrée).
1971
: MarceL Thiry,
reflets et réflexions, Unimuse, Tournai.
1972 : Montherlant
et Le sacré, A. De Rache, Bruxelles.
1974 : L'abécédaire
du meunier, Jacques Antoine, Bruxelles.
1977 : Le fils du
temple, Jacques Antoine, Bruxelles.
1979 : La pierre et
le pain, Dieu-Brichart, Ottignies-Louvain-la-Neuve.
1983 : Le temple éternel, Dieu-Brichart, Ottignies-Louvain-la-Neuve.
1985 : Du
Hainaut
picard au roman païs de Brabant. L'imaginaire
de Marcel Lobet, Paul Legrain,
Bruxelles.
1986 : Nathanaël,
le journal d'un Templier, Les Éperonniers,
Bruxelles.
1988 : Mon enfance
wallonne à Braine-le-Comte au début du siècle, Dieu-Brichart, Ottignies-Louvain-la-Neuve.
1990 : L'esprit ou
la lettre, essai sur la pérennité de l'écriture,
Les Éperonniers, Bruxelles.
A consulter :
1971 : L'humanisme
du coeur, entretien avec Berthe Bolsée.
1975 : Marcel Lobet
et l'aventure spirituelle, par Joseph
Boly, dans Présence francophone,
n° 11, Université de Sherbrooke, Québec.
1978 : L'écriture
et l'amour, entretien avec Julien
Bestgen, Vieux-Virton, Petite Dryade.
1982 : Dossier
Marcel Lobet, par Joseph Boly, dans Cent
auteurs, Éditions de La Francité,
Nivelles.
1991 : Marcel Lobet,
bibliographie de ses œuvres et ouvrages à
consulter, par Jean Lacroix, A Rebours,
Paris.
Marcel Lobet décède le
17 octobre 1992.
2004 : Marcel
Lobet. Coeurs mis à nu. Seize
siècles d'écriture du moi, Ed. Le
Cri/Académie royale de langue et de littérature
françaises, Bruxelles. Coll. Chroniques du
Journal Le Soir. |