| Biographie
Adolphe Hardy est né à Dison, le 23 mai 1868.
En 1820, Martin Hardy, son grand-père, s'était expatrié en Moravie,
pour y fonder l'industrie drapière avec les techniques spécialisées de
sa région verviétoise. Après deux incendies d'origine criminelle,
ruiné, il revint à Dison, y installant son épouse )
la dernière descendante d'une très ancienne famille slave )
et leurs enfants dont l'aîné, Adolphe, père de notre écrivain.
Polyglotte, savant, artiste, philanthrope, Adolphe Hardy père mit ses
possibilités au service des Disonais, tout en éduquant ses enfants
d'exceptionnelle façon.
Adolphe Hardy, notre poète, parlait de son père avec admiration et
reconnaissance. Sorti du collège de Herve, en 1886, il s'inscrivait à
Louvain pour des études à la Faculté de Droit. Il suivrait aussi des
cours de sciences naturelles.
Jeune docteur en Droit, il rentrait à Dison : collaborations
littéraires, conférences, sortie de presse de ses premières oeuvres.
Mort de son père en mars 1900.
Le 23 août 1900, il était nommé secrétaire de rédaction au Rappel
de Charleroi, puis, vite, rédacteur en chef. Le 12 février 1901, il
devenait rédacteur en chef de la Dépêche de Liège.
Travail social avec Monseigneur Doutreloup, Gustave Somville, Charles de
Ponthière et Godefroid Kurth.
En 1904, parution de La route enchantée. Dès 1907, il
s'installait à Bruxelles, recevant le poste de secrétaire de rédaction
au Journal de Bruxelles dont il deviendrait directeur en
novembre 1921. Le 25 novembre 1908, il était reçu par le Roi Léopold
II. Le 26 juillet 1929, La Libre Belgique relatait
l'influence d'un de ses poèmes : A mi-voix, sur Eve
Lavallière dans son cheminement spirituel.
Durant la tragédie 14-18, il fit de la résistance, écrivit ses
poèmes de guerre, L'Ardenne héroïque, puis deux
monographies : Le pays de Herve et Le pays d'Aerschot
(Touring-Club).
Le 31 mai 1926, il publiait son dernier article dans son cher Journal
de Bruxelles qui disparaissait à l'âge de 104 ans. Il le
regretterait toujours. Le 18 janvier 1932, dans La Libre Belgique,
Georges Goyau présentait Le cortège des mois, Adolphe
Hardy ayant été distingué par l'Académie Française, en 1931, pour le
Grand Prix de Langue française. De 1933 à 1939, série de causeries à
l'I.N.R.
En 1935, il avait épousé Madeleine Verhelst. En 1940, il évacuait
avec elle en France, à Issigeac. Veuf, il se remaria avec Germaine Van
Den Boeck. En mai 1954, il reçut le titre de Citoyen d'honneur de la
ville de Dison.
Il mourut à Laeken le 19 juin de la même année.
Bibliographie
- La fête du pasteur, Éd. Chandelle, Herve, 1886,
idylle allégorique écrite en hommage au Directeur du collège
Marie-Thérèse et marquant déjà un don d'observation.
- Les voix de l'aube et du crépuscule, Éd. Godenne,
Namur, 1887-1888. L'auteur souhaitait ne pas avoir écrit ces vers!
|
-
Les trois fées, Timmermans, 1883.
- Vers le passé, Éd. Godenne, Namur, 1888.
- Jan et Lena, Éd. Godenne, Liège, Namur, 1889. Dédié
à Fina Hardy
- Les émotions d'un pigeon blanc, Éd. Godenne, Liège,
1889.
- Fleur d'hiver, Éd. Godenne, Namur, 1889.
- Souvenir d'enfance, Éd. Godenne, Namur, 1889, dédié
à Léon Hardy.
- Croquis ardennais, Éd. Godenne, Liège, Namur, 1889.
Une version remaniée de ces 16 poèmes figurera dans La route
enchantée (cf. infra) sous le titre Dizains rustiques.
- Pour lire au bois, Éd. Fonteyn, Louvain, 1893, publié
à l'occasion de la Kermesse flamande, dédié à son Altesse Royale la
Duchesse d'Arenberg.
- Les émaux wallons, Éd. Godenne, Liège, Namur, 1897.
Ces deux dernières oeuvres sont très bonnes. C'est pris sur le vif. Le
poète s'est trouvé comme "descriptif" : adieu au Romantisme,
comme à une certaine mièvrerie de débutant.
- Mimi, rouge-gorge, dans le Patriote illustré, 1898.
- Chant hennuyer, 1899, dédié à Léon Mabille.
- La route enchantée, Éd. Fischbacher, coll. des
Poètes français à l'Etranger, Paris, 1904, avec préface de Georges
Barral, préface à laquelle Adolphe Hardy tenait beaucoup; 2e
éd., Éd. Association des écrivains belges, Paris, Librairie générale
des sciences, arts, lettres, Bruxelles, Dechenne et Cie, 1911. 3e
éd., Éd. Ernult-Doncq, Bruxelles, 1948.
- Le cortège des mois, Éd. Bruylant, Bruxelles, 1932.
Ce recueil vaut à l'auteur le Grand Prix de Langue française,
institué par l'Académie française en 1914, pour honorer un écrivain et
le récompenser des services rendus à la langue française en dehors de
la France. Georges Goyau, de l'Académie Française, présentait cet
ouvrage dans la Libre Belgique du 18 janvier 1932.
- Le bréviaire du bonheur, Éd. Ernult-Doncq, Bruxelles,
1951. Testament spirituel. Ces trois derniers recueils représentent
l'oeuvre principale de l'auteur, avec son Ardenne héroïque,
Association des écrivains belges, Paris, Librairie générale des
sciences, arts, lettres, Bruxelles, Dechenne et Cie, 1919.
- Les ancêtres du prince Léopold, recherches
généalogiques sur la famille royale belge, La dépêche, des 18, 19, 20
juin 1902.
- Article sur le folklore et Petit traité de versification,
en neuf leçons, inédit, 1903.
Des collaborations innombrables dans revues et journaux, dont Le
Journal de Bruxelles, La Libre Belgique, La Nation Belge, Le XXe
siècle, parmi bien d'autres.
Dossiers L
: n° 10, fascicule 2. |