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Photo : © Charles
Leirens
Biographie
Marie Gevers naît à
Edegem, près d'Anvers, le 30 décembre 1883. Elle
ne quittera guère le domaine de Missembourg avec
lequel sa vie semble se confondre : trois voyages
en Afrique ponctuent seuls une existence
sédentaire.
Marie Gevers passe son
enfance loin des écoles; sa mère lui enseigne la
grammaire et l'orthographe en lui dictant Les
aventures de Télémaque de Fénelon - la
bourgeoisie flamande était francophone. D'immenses
lectures complètent cette formation. Mais la
fillette apprend l'essentiel à guetter les
moindres signes du jardin et de l'étang qui
entourent l'habitation. Tels sont les inspirateurs
des premiers poèmes; Verhaeren encouragea leur
publication.
En 1908, Marie Gevers
épouse Frans Willems. La jeune femme partage ses
journées entre sa famille, l'observation de la
nature et la poésie. Un premier recueil à la
louange de la maison natale, Missembourg
(1917), paraît grâce aux soins de Max Elskamp.
Il est bientôt suivi d'autres volumes consacrés
aux arbres et au vent, à l'amour maternel.
La comtesse des digues
(1931) oriente définitivement Marie Gevers vers
la prose. Madame Orpha ou la sérénade de
mai (1933), tiré en partie de souvenirs
d'enfance, remporte le prix populiste en 1934.
Depuis longtemps, la dame de
Missembourg s'intéresse aux superstitions et
coutumes de la Campine anversoise. A partir de
récits de paysans, elle écrit La ligne de
vie (1937).
DOSSIERS L :
n° 2, fascicule 1. |
Le
roman aura une suite en 1941, Paix sur les
champs. Entre-temps, la romancière entre
à l'Académie Royale de Langue et de Littérature
Françaises de Belgique. Elle est la première
femme belge à y être élue. En 1944, le
bombardement de Malines emporte le fils aîné de
Marie Gevers. Huit mois plus tard, Frans Willems meurt
à son tour. Cette douloureuse expérience est
retranscrite dans le deuxième volet de Vie
et mort d'un étang (1961). Un an
auparavant, le grand prix quinquennal de
littérature française couronnait cette œuvre
dont la nature et l'homme forment les deux grands
pôles.
Le 9 mars 1975, Marie Gevers
s'éteint dans son sommeil à 91 ans.
Bibliographie
- Paix sur les champs,
roman,
Éd. Jacques Antoine, Bruxelles, 1976.
- Plaisir des météores,
Éd. Jacques Antoine, Bruxelles, 1978.
- Vie et mort d'un étang,
Éd. Jacques Antoine, Bruxelles, 1979.
- Madame Orpha ou la
sérénade de mai,
roman,
Éd. Jacques Antoine, Bruxelles, 1981.
- La ligne de vie,
roman,
Éd. Jacques Antoine, Bruxelles, 1983. Rééd. Éd.
Labor, 2007; coll. Espace Nord.
- La comtesse des digues,
roman,
Éd. Labor, Bruxelles, 1983, coll. Espace Nord.
- Oeuvres
poétiques, poésie, Ed. Le Cri, coll.
Terre Neuve, 2004.
A consulter :
- Jans
A., Marie Gevers, Éd. De Meyère,
Bruxelles, 1964.
- Gijsen M., Marie Gevers, Éd. Desclée De
brouwer, Bruges, 1969.
- Skenazi C., Marie Gevers et la nature, Éd.
Palais des Académies, Bruxelles, 1983.
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