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Anne François lit six
langues.
Elle a voyagé, enseigné
dans le secondaire, fait jouer une pièce de théâtre, réalisé des courts
métrages, des émissions de télévision littéraires et médicales, organisé des
ateliers d'écriture...
Elle est de ces femmes qui
"font" la RTBF et qu'on ne voit jamais, alors que le succès de Nu-tête
a fait d'elle un écrivain connu. Lauréate du prix Rossel, elle en est à
présent membre du Jury.
Après la belle émission
Si j'ose écrire, conçue et présentée par Dolorès Oscari, elle réalise
actuellement Dites-moi de Michèle Cédric, sans perdre de vue son
troisième roman en cours d'écriture.
C'est une femme qui vit au
rythme de son temps. Ses activités professionnelles lui permettent, comme
elle le déclare elle-même, de valoriser le travail des artistes et plus
spécifiquement encore des auteurs et des poètes, tandis que ses romans
témoignent d'un intérêt passionné pour le facteur humain : l'amour,
la souffrance, la mort qui guette...
Une oeuvre pudique et
réaliste qu'il convient de lire comme un témoignage sur son époque.
Biographie
Les romans d'Anne François ne
sont pas autobiographiques. Cécile, l'héroïne de Nu-tête, et
Lucile, celle de Ce que l'image ne dit pas, sont des êtres de
papier. Le lecteur est prévenu dès la première page de chaque livre : "Ce
roman est une oeuvre de fiction, toute ressemblance avec des personnages,
des situations ou des lieux réels ne serait que pure coïncidence". La vérité
des deux oeuvres est ailleurs.
Ecrivain réaliste, Anne
François situe des personnages imaginaires dans des lieux et des situations
qu'elle connaît, qu'elle a rencontrés elle-même en d'autres circonstances.
Passionnée de danse, mais romaniste de formation, elle crée le personnage de
Cécile, jeune danseuse obligée par la maladie de renoncer à son métier. Les
étapes de la maladie de Hodgkin si scrupuleusement décrites, elle les a
connues elle-même en 1980-1981. Elle en a guéri et, si elle se fiance en
1982, ce n'est pas avec le médecin. Les connaissances qu'elle a puisées dans
la maladie pour écrire son premier livre, elle les demande pour le second à
son métier. C'est la réalisatrice de la RTBF qui imagine un reportage chez
une femme qui vit seule avec une enfant autiste. Les remerciements qu'elle
adresse en postface à "Lucile" nous éclairent sur une de ses sources
d'information.
Dossiers L : n° 67, fascicule
3.
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Trois lignes de force
soutiennent la vie de cet écrivain. Le goût des lettres se manifeste le
premier quand elle choisit la philologie romane à Louvain (1976-1981). Il
chemine dans l'atelier d'écriture romanesque ou le séminaire d'écriture
théâtrale. Il se montre au grand jour avec une pièce de théâtre Marthe et
le mandarin (1987). Il trouve sa consécration dans la publication de
deux romans, Nu-tête (1991) et Ce que l'image ne dit pas
(1995). Il se manifeste encore avec l'adaptation théâtrale du Petit
homme d'Arkhangelsk de Simenon (2003). Un troisième roman, Du
tango comme art martial, est en cours d'écriture.
Le goût de l'image et du
spectacle est une seconde ligne de force. De brillantes études à l'INSAS
(1984-1988) lui permettent, après avoir occupé divers postes d'assistante et
de régisseur sur films de long métrage (Patrick Conard, Lili Rademaekers,
Claude d'Anna, Herman Van Eyken) et au journal télévisé de la RTBF, d'être
nommée réalisatrice à la RTBF.
Mais le portrait d'Anne
François serait incomplet si l'on omettait les noms de ses deux fils.
Adrien, né en avril 1991, entre l'assurance de la carrière (1990) et la
publication de Nu-tête (août 1991), bientôt consacré par les
prix Rossel et NCR (National Cash Register), illumine l'année de tous les
bonheurs. En 1994, Hugo précède de peu le second roman.
Anne François, née à Hasselt
le 20/09/1958, est dans la force de l'âge. Nous rencontrerons encore son nom.
(Biographie datée de 2004)
Anne François est décédée en 2006 au terme d'une
longue maladie.
Bibliographie
Romans :
- Nu-tête,
Albin Michel, Paris, 1991. Rééd., Ed. Labor, Bruxelles, 1993, coll.
Espace Nord, n°84. Suivie d'une postface de Jacques Vanden Schrick. C.R.
Indications, 48e séries, 1991.
- Ce que l'image ne dit
pas, Albin Michel, Paris, 1995. C.R. Indications, 52e, série
n°4, 1995.
- Du tango comme art
martial (A paraître).
Nouvelles :
- En mon absence.
Sienne pour toujours, nouvelles on line sur le site
www.bon-a-tirer.com., 2001.
Théâtre :
- Marthe et le mandarin,
pièce de théâtre, montée au Theatron par l'Andante Théâtre, 1987.
- Le petit homme
d'Arkhangelsk, adaptation pour le théâtre de l'oeuvre de Simenon.
Lauréate du concours "du roman au théâtre" dans le cadre de "Wallonie 2003,
Année Simenon au Pays de Liège", 2003.
- Lecture publique au Théâtre
des Martyrs sous la direction de France Gilmont, en mars 2004, à
l'initiative du Magasin d'Ecriture Théâtrale.
Prix :
- Prix Rossel et NCR
(National Cash Register) pour Nu-tête en 1991.
- Prix Marguerite Van de
Wiele pour Ce que l'image ne dit pas.
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