 Photo : © Jean-Luc Geoffroy
Biographie
Pour plus de précision, on consultera les notes rédigées par
l'auteur lui-même en 1987 pour l'édition du Régiment noir
dans la collection PASSÉ-PRÉSENT (Les Éperonniers, p. 336-348.)
1913 : Naissance de Henry Bauchau, le 22 janvier, à Malines. Famille
paternelle d'origine mosane et famille maternelle louvaniste. Second fils
parmi six enfants. Son frère aîné, Jean, sera appelé Olivier dans son
premier roman, La déchirure.
1914 - 1919 : A Louvain, chez ses grands-parents, l'enfant est sauvé
à grand peine d'un incendie, lors de l'invasion allemande (épisode
reconstitué plus tard sous le titre L'incendie de Sainpierre).
Henry Bauchau passe son enfance à la campagne, à Bas-Heylissem puis à
Archennes. La première maison, qui appartient à la famille maternelle,
sera évoquée comme Maison chaude, tandis que la seconde, issue
d'un legs paternel, deviendra la Maison froide.
1919 - 1925 : La famille s'installe à Bruxelles. Henry Bauchau souffre
d'un point au poumon. Il est envoyé en Suisse puis à la Mer du Nord. Il
découvre la lecture à travers la collection Les cent chefs-d'œuvre qu'il faut lire.
1932 - 1939 : Études de droit à la Faculté Saint-Louis puis à
l'Université de Louvain. Crise religieuse, mais découverte des
Évangiles sous l'influence de R. De Becker. Lecture des mystiques.
1939 - 1945 : Mobilisé en 1939, Henry Bauchau participe à la campagne
des dix-huit jours en mai 40. Fonde avec des amis le Service des
Volontaires du Travail mais démissionne en 43 parce que l'occupant veut y
faire entrer des rexistes. Entre dans l'Armée Secrète et participe au
maquis des Ardennes où il est blessé. Soigné à Londres, il rentre en
Belgique fin 44.
1945 - 1951 : Henry Bauchau met sur pied une maison de distribution
d'éditions à Bruxelles, puis à Paris où il se fixe en 46. Se lie
d'amitié avec Jean Amrouche. Accablé par de nombreuses difficultés,
Bauchau se rend chez une psychanalyste, Blanche Reverchon-Jouve, l'épouse
du poète... qui sera appelée La Sibylle dans La déchirure.
Il est en analyse de 1947 à 1950. Désormais, il y aura un «avant» et
un «après».
1951 - 1957 : Mort de son père en 1951, et perte de son emploi.
Divorce et remariage avec Laure Henin en 1953. Bauchau quitte Paris pour
fonder en Suisse (à Gstaad) un collège international pour jeune filles.
Il y enseigne notamment le français. Débuts difficiles puis succès.
1958 - 1965 : Henry Bauchau publie à 45 ans son premier livre : Géologie.
Sa pièce Gengis Khan est publiée en 60 et montée en 61
par Ariane Mnouchkine. Mort de sa mère en 1961, après une agonie d'une
semaine racontée dans La déchirure, roman écrit
parallèlement aux poèmes de L'escalier bleu. Achevé en
65, le livre paraît en 66.
L'écrivain, entre-temps, a beaucoup voyagé, notamment à Venise, où
il a écrit La dogana.
1966 - 1971 : De 1965 à début 68, Henry Bauchau se rend
régulièrement à Paris pour suivre une psychanalyse didactique chez
Conrad Stein. Il publie à Lausanne La pierre sans chagrin,
poèmes inspirés par l'abbaye du Thoronet et une seconde pièce, La
machination, inspirée par l'antiquité grecque.
Entre-temps, il s'intéresse à la révolution culturelle en Chine
(66-69) et aux événements de mai 1968. Il commence un roman historique
et épique, Le régiment noir.
1972 - 1975 : Ce roman paraît en 72, mais Henry Bauchau écrit pour un
film dix poèmes sur des tableaux de Paul Delvaux et il commence à se
documenter en vue de sa biographie de Mao. En même temps, il écrit La
Chine intérieure, qui évoque une semaine de vie dans la neige.
En 1973, l'institut Montesano doit fermer ses portes et Blanche Jouve
meurt en 1974. Bauchau dessine et peint beaucoup. Les poèmes de Lecture
du corps sont publiés et l'écrivain reçoit le Prix triennal
du Roman pour Le régiment noir.
1975 - 1980 : Henry Bauchau subit une opération (la seconde de sa vie)
et a, de nouveau, des difficultés financières. Il trouve néanmoins à
Paris un emploi dans un hôpital de jour pour adolescents, exerce des
fonctions administratives puis s'occupe de psychotiques et les initie à
la sculpture...
Au cours de ces années, il passe ses vacances en Bretagne (La
grande Troménie) et écrit notamment son second livre directement
inspiré par la psychanalyse : La sourde oreille ou le rêve de
Freud.
1981 - 1986 : L'écrivain commence un nouveau roman, puis l'abandonne
pour écrire les poèmes des Deux Antigone. Il est chargé
de cours à l'Université de Paris VII et a la satisfaction de voir la
parution de son copieux Essai sur la vie de Mao, qui lui a
demandé... huit ans de travail.
Henry Bauchau commence Oedipe
sur la route et obtient en
1985 le Prix Quinquennal de Littérature de la Communauté française de
Belgique pour l'ensemble de son oeuvre.
En 1988, Jean-Claude Drouot monte Gengis Khan, qui
connaît le succès en Belgique comme en France et, en 1989, Bauchau
reçoit le premier Grand Prix de la ville de Tournai.
Oedipe
sur la route, son roman le plus accompli, paraît en
1990, et, en mars 1991, Henry Bauchau publie dans la Revue
générale un récit : L'enfant de la Salamine.
DOSSIERS L : n° 33, fascicule 1. |
En mai 91, l'écrivain est reçu par Jean Tordeur à l'Académie royale
de Langue et de Littérature françaises de Belgique, un peu avant la
parution d'un récit éminemment symbolique : Diotime et les lions...
A noter que Diotime et les lions sera sélectionné pour
le Prix Rossel, et que, par ailleurs, Henry Bauchau prépare l'adaptation
pour la scène de son roman Oedipe sur la route. En outre,
il s'est mis à la rédaction de son journal intime (1984-1989).
Bibliographie
Poésie :
- Géologie, Gallimard,
Paris, 1958. Prix Max Jacob.
- L'escalier bleu, Gallimard,
Paris, 1964.
- La pierre sans chagrin, L'Aire,
Lausanne, 1966.
- La dogana, Castella, 1967.
- Célébration, L'Aire,
Lausanne, 1972.
- La Chine intérieure, Seghers,
Paris, 1975.
- La sourde oreille ou
Le rêve de Freud, L'Aire, Lausanne,
1981.
- Poésie 1950-1986, Actes Sud,
Arles, 1986; 280 pages
(textes des recueils précédents et inédits).
- Heureux les
déliants. Poèmes 1950-1995, Labor, R.T.B.F. Éditions, Bruxelles,
1995.
-
Exercice du matin,
Actes Sud, Arles, 1999.
- Petite
suite au 11 septembre, Le Grand miroir,
Bruxelles, 2003.
- Nous ne sommes pas séparés,
Actes Sud, 2006.
- Poésie 1950-2009, Actes Sud,
Arles, 2009 400 pages
(textes des recueils antérieurs et dernières compositions).
Romans et récits :
- La déchirure,
roman, Gallimard, Paris, 1966; Rééd. Labor, Bruxelles, coll. Espace-Nord,
préface de Jean-Louis Jacques et lecture de Jean Florence, 1986. Rééd.
Labor, Bruxelles, 1998.
- Le régiment noir,
roman, Gallimard, Paris, 1972. Prix
d'honneur (Paris); Prix Franz Hellens (Bruxelles) et Prix Triennal du
Roman. Rééd. Les Éperonniers, Bruxelles, 1987, préface d'André Molitor;
Labor, 2000, coll. Espace Nord; Actes Sud, 2004, coll. Babel.
- Oedipe sur la
route, roman, Actes Sud, Arles, 1990.
- Diotime et les lions, récit, Actes Sud,
Arles, 1991. Traduction en Tchèque par Alice Kottova, Ed. Dauphin, 2008.
-
Antigone,
roman, Actes Sud, Arles, 1997.
-
Les vallées du bonheur profond,
récit, Babel, 1999.
-
Le Journal d'Antigone 1989-1997,
roman, Actes Sud, Arles, 1999.
- Passage
de la Bonne-Graine, Journal 1997-2001,
Actes Sud, Arles, 2002.
- L'enfant bleu, roman, Ed. Actes Sud, 2004.
- Le présent d'incertitude : un
journal 2002-2005, écrits intimes, Ed. Actes Sud, 2007.
- Le boulevard périphérique, roman, Ed.
Actes Sud, Arles, 2007.
Nouvelles :
- L'enfant de Salamine, La Revue générale,
mars 1991, p. 81-92.
Essais et autocritique :
- Essai sur la vie de Mao Zedong, avec la participation
de Laure Bauchau, Flammarion, Paris, 1982.
- L'écriture et la circonstance, quatre conférences
données à l'Université Catholique de Louvain (faculté de Philosophie
et Lettres), Chaire de Poétique, 2, 1988.
-
L'écriture à l'écoute,
essai, Actes Sud, Arles, 2000.
Théâtre :
- Gengis Khan, Mermod, 1960; Arles, Actes Sud-Papiers,
1989.
- La machination, L'Aire,
Lausanne, 1969.
-
L'arbre fou,
théâtre, récits, poèmes du cycle Oedipe et Antigone, Les Éperonniers,
Bruxelles, 1995.
- Prométhée
enchaîné d'Eschyle, adaptation théâtrale, Cahier du Rideau,
Bruxelles, 1998.
- Théâtre complet, Actes
Sud-Papiers, Arles, 2001.
- La lumière Antigone,
poème-opéra, Actes Sud, Le Souffle de l'esprit,2009.
A consulter :
- QUAGHEBEUR, Marc et SPINETTE, Albert, Alphabet des Lettre
Belges de langue française, Association pour la Promotion des
Lettres de langue française, Bruxelles, 1982, p. 156, 159 et 210.
- BECKERS, Anne-Marie, Les écrivains belges, Ministère
de l'Éducation Nationale, 2 tomes, 1987 et 1989, résumés de La
déchirure et du Régiment noir.
- FRICKX, Robert et TROUSSON, Raymond, Lettres françaises de
Belgique - Dictionnaire des Œuvres, I, Le roman, p. 125,
430; II, La poésie, p. 117-118, 183-184, Duculot, 1988.
- Indications, Le régiment noir et
Œdipe sur la route; articles de Pierre HALEN.
- TORDEUR, Jean, Henry Bauchau, une mémoire de l'inconscient,
La Revue générale, février 1986, p. 19-27.
- TORDEUR, Jean,
Discours de réception à l'Académie de Langue et
de Littérature françaises de Belgique, séance publique du 25 mai
1991.
- HENROT Geneviève, Henry
Bauchau, poète. Le vertige du seuil, Ed. Droz, Genève.
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