Photo
: © Jean-Luc Geoffroy
Avec
une demi-douzaine de recueils étalés sur une
dizaine d’années, Marc Baronheid a imposé
une voix et un univers poétiques que nul ne lui
dispute.
D’emblée, il s’est placé à la
confluence de l’éros et de la nature. L’éros,
chez lui, prend des allures de conquête, avoue
des sensualités irritées, s’intéresse au
plaisir physique, tout à la fois jouissance et
angoisse ou combat. Cette célébration ne
s’opère que par le recours à une langue qui
tire ses prestiges de métaphores empruntées à
la nature :
Un peu
d’ombre tremble encore
Dans la cambrure acérée de l’amour.
Cette démarche en même temps exaltée et
enracinée ne fait que traduire un appétit
puissant de vie, un sentiment panique à peine
modulé, dans les dernières œuvres, par une
ouverture sur le temps qui passe et une
dilatation du regard dans l’espace.
Marc Baronheid est aussi le directeur des éditions
(poétiques surtout, mais non exclusivement) La
Louve, à Spa, qui publient notamment
Les cahiers du désert, au
titre sans doute ironique.
Biographie
Marc Baronheid est né à Liège en 1944; il
habite Spa.
Outre ses activités professionnelles, il est
créateur, critique et animateur.
Créateur, il écrit des poèmes dont nous
allons avoir à nous occuper
Critique, il signe à La Wallonie
et à l’hebdomadaire L’Instant
des articles «très écrits» et judicieux.
Alain Bosquet a dit de lui qu’il était un des
deux ou trois véritables critiques belges. Il
est également chroniqueur à la radio.
Animateur : il est conseiller littéraire des
éditions La Louve et directeur des Cahiers
du désert, revue d’arts et de
lettres.
Il est encore membre du comité de rédaction
du Journal des Poètes. Marc
Baronheid tient une chronique littéraire dans Le
Vif/L’Express. |
Bibliographie
- L’oiseleur du grand silence,
Attert, L’Ardoisière, 1978.
- Le cheval de résine,
Sainte-Geneviève-des-Bois, Maison rhodanienne
de Poésie, 1979.
- D’un pays, le même, Spa,
La Louve, écrit «en tandem» avec Hubert Juin.
- Te baptiser délire, Amay, Vérités,
1981.
- Celle qui écoutait Mahler,
Mortemart, Rougerie, 1986.
- Les agonies du soir, Paris,
Belfond, 1988. (Certains textes de ce recueil
ont paru dans Estuaire (Québec), La
lamparo (Ile-sur-Sorgue), Triangle
(Harnoncourt), Marginales
(Bruxelles), Obsidiane (Paris); de
même, une première version de Chambre
pour voyageurs, deuxième partie des Agonies
du soir, figurait dans Sept poètes
en quarantaine, Spa, La Louve, 1985.)
- Chants de la grive saoule,
Pully (Suisse), P.-A.Pingoud, 1990; avec une
illustration de Jean-Claude Schauenberg.
- Portrait du nomade blanc
(autour de Kenneth White), Aix-en-Provence, Détours
d’écritures, 1983.
(Tous ces livres sont des recueils de poèmes,
sauf le dernier.)
À consulter :
- Eugène Van Itterbeek, Les
lieux «illusoires» de Marc Baronheid,
in Pi, revue trimestrielle
de poésie, n° 3-4, 1988.
- Alain Bosquet, Pour présenter Marc
Baronheid, in Archives sonores de la
Maison de la Poésie, Paris.

Photo
: © Jean-Luc Geoffroy
DOSSIERS L
: n° 31, fascicule 1. |