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Photo : © Jean-Luc
Geoffroy
Biographie
Je
suis né le 22 mars 1928 dans une ferme (mais
oui, cest la sage-femme qui s’est déplacée et
non la maman), près du village de Brandenbourg,
village qui a trois rues, un ruisseau, un
château-fort, et est situé au pied des Ardennes
luxembour-geoises.
Je fréquente l’école primaire du village,
puis le Lycée Classique de Diekirch.
Les années d’occupation allemande ont
laissé ce que le mot souvenir ne dit pas: des
marques émotives que le moindre retour
d’imagination rend vives, menaces et peurs.
Impossible doublier: lors de la grève de
septembre 1942, un membre des Jeunesses
Hitlériennes a donné une paire de gifles au
gamin que j’étais, parce que je ne portais pas
l’insigne à croix gammée. Dure expérience! Mais
quelle leçon pour la vie!
Pour la vie encore : la leçon du
professeur de doctrine chrétienne sur le
protestantisme. Sil avait attaqué un Luther
antisémite, j’aurais compris en y pensant plus
tard, mais non, il en avait, ce catholique,
contre la concurrence.
Autre marque: quand je me présentais à
l’hôpital pour l’opération de la thyroïde, une
bonne sœur m’intima daller me confesser avant.
Ce fut un choc terrible.
Voilà deux expériences qui ont nourri mes
réflexions, plus que la lecture de livres
critiques sur les religions. Ce professeur et
cette religieuse n’étaient pas de méchantes
gens. Ils faisaient pourtant le mal en faisant
leur devoir. Sans le savoir, ils mont chassé de
l’Église, ont fait naître en moi le doute
bienfaisant. Ce qui m’est resté, c’est une foi,
sans quoi il est difficile de vivre, la foi en
l’homme.
Je fis mes études à Paris et à
Munich, pour devenir professeur de latin et de
français. L’admiration que j’avais eue, au
lycée, pour un professeur de français, à
l’élocution aussi parfaite que le costume qu’il
portait, ma fait prendre le français comme moyen
d’expression quand il fallait choisir parmi les
idiomes qui ont cours au Grand-Duché.
Je me rends parfaitement compte que le métier
d’enseignant a assez d’exigences pour qu’on s'y
voue entièrement. Ai-je donc péché?
L’engagement pour les droits humains ne ma plus
laissé, depuis 35 ans. Cet engagement, que ce
soit dans Amnesty International ou dans tel
organe du Conseil
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de
l’Europe ou de l’Union Européenne,
c’est simplement rejoindre ces lutteurs malgré tout pas
peu nombreux qui ne peuvent rester inactifs devant les
horreurs qui gangrènent notre temps: les fanatismes,
l’oppression, la torture. Oui, avec Camus, c’est vouloir
que l’absurdité du monde soit diminuée par l’action qui
est secrète révolte, et que la dignité soit sauvée.
Cet engagement ne ma pas empêché de m’intéresser
à ce qui se passe en moi. Ce regard vers l’intérieur a
donné ma poésie, et également la conservation, en moi, du
village de mon enfance.
Après tant d’années, je me demande: quelle
inquiétude ta fait courir?
Comment ai-je pu donner à l’action tout ce temps, que je
volais à Laura, ma chère compagne venue de Finlande, mes
enfants et les ami(e)s dont la fréquentation m’est vitale?
Un lien secret doit tenir tout ensemble.
Bibliographie
-
Finlandia. Pour une voix d’Ingrie, Club 80,
1981.
-
Les crevasses du chemin, Origine, 1983.
-
Roger Bertemes, monographie, Éd. de la Section
des Arts et des Lettres de lInstitut Grand-Ducal, 1984.
-
Dans le désert du temps, poèmes accompagnés de
9 dessins de Roger Bertemes, Éd. de la Section des Arts et
des Lettres de l’Institut Grand-Ducal, , 1987.
-
Les Dormeurs, poèmes ornés de 10 linogravures
de Roger Bertemes, Éd. Les Cahiers Luxembourgeois, 1991.
Traduction danoise par Jens Smaerup Soerensen, in Banana
Splitt. Tidsskrift for multinational poesie 6.
-
Paul Palgen, présentation et choix de poèmes,
Éd. du Centre d’études de la littérature luxembourgeoise,
1994.
-
Les Créneaux du Souvenir, Éd. Les Cahiers
Luxembourgeois, 1997. Éd. polonaise: Agencja Wydawnicza
Eventus, Krakòv 2003.
-
Chroniques. Rêves et Ergotages, proses ornées
de dessins de Carlo Schmitz, Éd. APESS, 1998.
-
Jadis au village, Cahiers Luxembourgeois /
Memor, 2002.
-
Les fissures du temps, Cahiers Luxembourgeois /
Memor, 2004.
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